Brève historique du quotidien d’État en Haïti

L’hebdomadaire capois «Le Nouveau Monde»

Comme si ses propriétaires, Luc Foucher et Gérard de Catalogne, avaient le regard toujours rivé sur cet antre de pouvoir  – le pressentiment que, quelques années plus tard, tout le destin de leur œuvre allait être joué dans la capitale politique, économique, sociale et culturelle d’Haïti – l’hebdomadaire  «Le Nouveau Monde», édité et fondé au Cap-Haitien le 18 janvier 1958, tenait son administration dans cette ville du Nord historique (2, rue du Conseil) et ouvrait, parallèlement, un bureau de représentation et centre de distribution (76, rue du Magasin de l’État) à Port-au-Prince, haut lieu de concentration géographique d’un fort pourcentage du lectorat haïtien.

Il n’est rien d’étonnant que cet hebdomadaire dominical du Cap-Haitien ait envisagé de faire un grand saut historique vers la conquête de la capitale, puisque la région Nord du pays, dans l’imaginaire collectif, était longtemps présentée comme un grand bastion d’intellectuels, de lettrés. Et la ville du Cap-Haitien, elle-même, considérée comme le berceau de la presse écrite haïtienne pour avoir – déjà en 1804, peu après l’Indépendance du pays – donné naissance à «La Gazette politique et commerciale d’Haïti ». Le directeur de cet hebdomadaire, Gérard de Catalogne – s’exprimant à l’occasion du premier anniversaire de l’œuvre cofondée avec Luc Foucher – affichait ses ambitions, avec cette rare et fière arrogance : «Nous avons la prétention de faire du Nouveau Monde pour Haïti ce que la «Dépêche de Toulouse» est pour la France, ce que le «Manchester Guardian» pour la Grande Bretagne, le « Chicago tribune » pour les États-Unis[1]. »

Prétention! Oui. Présomption! Non. De fait, l’hebdomadaire «Le Nouveau Monde», fleuron de la presse écrite haïtienne, était d’une facture qui n’avait rien à envier de ce qui se faisait de mieux en Occident. D’une assez bonne présentation, il aménageait, dans ses colonnes, des articles, des textes d’une qualité, syntaxique et grammaticale, exceptionnelle. La ligne éditoriale ne trompait pas. L’hebdo capois entendait mener un long combat pour la décentralisation d’Haïti, en déplaçant l’épicentre de l’actualité, des faits et des événements, de Port-au-Prince vers les villes de province. L’hebdomadaire «Le Nouveau Monde» dénonçait l’enclavement et l’exclusion des villes de province au profit de la «République de Port-au-Prince». Ainsi, il appelait, de tous ses vœux, une Haïti unifiée, inclusive où la décentralisation et le régionalisme  jetteraient les bases de l’unité nationale[2]. Le ton de l’hebdomadaire capois était sans équivoque. Il fallait à tout prix entreprendre la grande croisade pour le relèvement des provinces d’Haïti.

L’hebdo du Cap n’y allait pas de mainmorte. Il appliquait une formule éditoriale soutenue par une large variété de rubriques, assez avant-gardistes, au nombre desquelles il faut signaler : «Le trou de la serrure»   qui faisait un tour complet des faits saillants ponctuant l’actualité nationale. «Allo ! Haïti (La Gazette de Port-au-Prince)» présentait un résumé complet des principaux faits et événements de la capitale. «Le journal des journaux» relayait les points de vue des principaux journaux occidentaux. «Le Nouveau Monde Travel news» s’adressait aux lecteurs anglophones dans leur langue. «La mode, mesdames» s’intéressait au public féminin. «Les jeux de l’humour et du hasard» entendait capter le lectorat à partir d’activités ludiques. «La scène et l’écran» analysait les dernières réalisations cinématographiques. «La vie internationale» commentait les événements internationaux…

Aussi, dans les toutes premières années de son existence (1959-1960-1961), l’hebdomadaire «Le Nouveau-Monde» se distinguait-t-il par sa remarquable liberté de ton et une indépendance éditoriale qui pouvait surprendre, en ce début de la présidence de François Duvalier. Cet extrait tiré d’une livraison de l’hebdomadaire capois pourrait témoigner de sa très grande indépendance par rapport au régime du Dr Duvalier : « Le Nouveau Monde, sans se laisser intimider ni par les tentatives de représailles, ni par les coups d’épingle, a ouvert un débat qui s’imposait, du fait de l’incompréhension et de l’incompétence des uns et des autres[3] ». Entre temps, l’hebdomadaire allait faire le grand saut en transférant son siège social à Port-au-Prince, vers la fin des années soixante, quittant le Cap-Haïtien à jamais.

Par contre, vers 1965, un changement, très significatif, a été noté dans la ligne éditoriale et le ton de l’hebdomadaire qui tendait, progressivement, à devenir la caisse de résonance du duvaliérisme. Des articles encenseurs et des éditoriaux dithyrambiques en faveur du pouvoir en place mettaient à mal  son objectivité et sa crédibilité d’autrefois. Lors du septième anniversaire de cet hebdomadaire du Cap, présentant ses vœux, dans une lettre adressée au directeur de Catalogne, le président François Duvalier a déclaré : « Le Nouveau Monde…cherche à guider, à expliquer à la nation les objectifs de la révolution duvaliériste, à en marquer la nécessité et à mettre en relief les effets bienfaisants d’une politique générale hardie et dynamique[4] .» Depuis, l’hebdomadaire «Le Nouveau Monde» était devenu le fer de lance de la propagande duvaliériste. La nomination de M. Gérard de Catalogne, au poste de directeur général de l’Office national du Tourisme et de la Propagande (ONTP), à l’occasion de l’inauguration de l’aéroport international Maïs Gâté, le vendredi 22 janvier 1965, n’avait étonné personne. Les bruits de couloir le présentaient déjà comme le conseiller spécial, l’éminence grise du président François Duvalier.

Le quotidien national «Le Nouveau Monde»
De fait, l’hebdo dominical du Cap-Haitien, ayant pour fondateurs et propriétaires Luc Foucher et Gérard de Catalogne, transféré à Port-au-Prince, n’allait pas tarder à se transformer en quotidien, le 18 janvier 1967. Tout laissait croire que cette conversion, cette nouvelle périodicité, s’était réalisée sous l’impulsion du Dr François Duvalier qui aménageait, peu à peu, dans le pays, le terrain d’une «présidence à vie», d’une longue dictature héréditaire, de père en fils. Aussi a-t-il été essentiel que tout le «projet éditorial» de ce journal d’État ou de gouvernement, «Le Nouveau Monde», s’aligne très net, en toute logique, sur la politique de l’État dictatorial duvaliérien qui devait prendre corps et, ainsi, constituer un des plus importants instruments du régime pour jeter, puis consolider les bases idéologiques de son pouvoir ou, mieux, pour vulgariser les lignes doctrinales de ce qu’il a appelé la «révolution duvaliériste».

Tout, à l’époque, s’y prêtait. Le contexte géopolitique mondial, en ce qui a trait à l’organisation politique des Etats répartis, en bloc, sous le parapluie de deux grandes puissances menant, lors, une «guerre froide». Et puis, la nature même du journalisme qui, dans ses transformations, a préconisé, à travers le monde, une presse d’opinion ou de commentaire.

Mais le débat pouvait se situer à un autre niveau. Le quotidien «Le Nouveau Monde» était-il un journal d’État ou de gouvernement ? Une propriété privée ou publique ? Une institution privée de l’État ou publique au service de l’État ? La démarcation n’a jamais été faite clairement ou formellement, au départ. Comment pouvait-il en être autrement, en ce temps-là ? Puisque, dans sa nature même, la dictature duvaliérienne confondait l’État avec le gouvernement, les intérêts du régime avec ceux  de la population entière ou de la nation. Le pays appartenait à la famille Duvalier. Voire même… Toutefois, la démarche initiée par le père allait donc suivre une procédure institutionnelle durant le règne du fils. Le président Jean-Claude Duvalier a choisi une de ces dates mythiques, fétiches, ou mystiques, le 22 septembre 1977, journée de commémoration des 20 ans de la révolution duvaliériste, pour lancer ce processus de «nationalisation»  du quotidien «Le Nouveau Monde». Cette mutation de «Le Nouveau Monde» en journal d’Etat ou de gouvernement s’est opérée sous la direction d’Ulysse Pierre-Louis qui avait pris le soin de stopper la numérotation de l’ancienne livraison au 3321, le mardi 20 septembre 1977, et de lancer la nouvelle série  le 26 septembre 1977.

Le quotidien d’État «Le Nouveau Monde»
Directeur, fondateur et propriétaire de l’ancien hebdomadaire, M. Gérard de Catalogne a été, tout naturellement, le premier directeur du quotidien d’Etat ou du régime : «Le Nouveau Monde» dont le premier numéro a paru le… X. Depuis, sans interruption ou presque, ce journal a fonctionné jusqu’à la chute de ce régime en février 1986 et a même innové pour avoir initié un processus de modernisation technique dans le domaine de la presse, en utilisant, vers la fin des années 70, l’impression «off set» qui était, jusqu’alors, la chasse gardée des seules imprimeries en Haïti. Logé, dans un premier temps, près de l’Office des Postes, au Pavillon Proche-Orient de la Cité de l’Exposition du Bicentenaire de Port-au-Prince, le quotidien d’Etat «Le Nouveau Monde», par la suite, a été transféré, jusqu’à sa disparition en 1986, à l’Avenue Pie XII de cette cité, au local désaffecté du Service hydraulique.

Le journal d’Etat «Le Nouveau Monde» – de son début (en 1967) à sa disparition (en 1986) – est donc resté fidèle à la ligne éditoriale tracée par les idéologues et penseurs, très proches du régime, au nombre desquels devait se détacher le président François Duvalier lui-même, déjà très présent, en tant qu’intellectuel et chercheur, dans les grands débats d’idées, dans l’expression des courants de pensée à travers la presse haïtienne. Comme, d’ailleurs, la plupart des directeurs successifs de ce journal : Gérard de Catalogne, Walter Préval, René Piquion, Ulrick Saint-Louis, Ulysse Pierre-Louis, Jean Narcisse et Jean A. Magloire. Aussi «Le Nouveau Monde» a-t-il, très souvent, accordé, dans ses nombreuses colonnes, beaucoup plus d’espace aux textes d’opinion, de commentaire, aux dépêches d’agences internationales, très prisées à l’époque, qu’à la couverture des faits et événements reflétant la réalité sociopolitique et socio-économique de la population haïtienne en général ou, mieux, relatant les conditions d’existence des citoyens et des communautés.

À preuve, en «l’an XXIX de l’Ère duvaliérienne», à sa dernière livraison, le 6 février 1986, «Le quotidien national et international d’Haïti, Le Nouveau Monde» – dont le directeur, administrateur et gérant responsable a été M. Jean A. Magloire – a fait, totalement, l’impasse sur les manifestations de rue qui ont, finalement, débouté le régime duvaliériste, tôt, le lendemain matin. S’il faut excepter un texte, à l’allure éditoriale, titré : «Rendons grâce à Dieu», qui, de manière très allusive et anachronique, a parlé des événements politiques pour, en fait, magnifier la grande ouverture d’esprit du régime qui aurait eu la vertu de lancer une « réforme politique et constitutionnelle…», à travers une loi de mai 1985 traitant de l’organisation et du fonctionnement des partis politiques. Bref…

La création de ce quotidien, en dehors de toutes ces considérations, était-ce un choix, conscient ou inconscient, d’intervention de l’État haïtien, dans un domaine spécifique de l’organisation politique de la société ? Somme toute, quelques années après son accession à la magistrature suprême de l’Etat, Jean-Claude Duvalier, héritant du pouvoir de son père, a procédé à la création de deux autres media, cette fois, électroniques, la radio nationale (le 22 avril 1977), puis, la télévision nationale (le 23 décembre 1979), fermant ainsi la liste des medias d’Etat de masse existant en Haïti jusqu’ici. De ces trois medias, le quotidien est la principale, du moins, la grande victime de tous les aléas politiques de l’après Duvalier, occasionnant sa disparition récurrente, de courte, moyenne ou de très longue durée. Changeant, au gré des conjonctures, parfois de nom, souvent de dirigeant et de personnel, très rarement d’orientation, le journal d’État a traversé la longue période de transition du pays vers la démocratie dans des situations de réveil excité ou d’éclipse totale.

De «Le Nouveau Monde» à «Haïti Libérée»
Le 7 février 1986, la chute de la dictature des Duvalier donnait lieu à tous les espoirs, à tous les délires, et il fallait brûler tout ce qui avait un lien, de près ou de loin, avec le régime déchu. La radio et la télévision nationales – toujours instrumentalisées, dans les moments d’interrègne, de prise de pouvoir, pour leur grande immédiateté et, surtout, pour des raisons politiques, sociales et économiques liées à la réalité du pays – ont pourtant fonctionné, et n’ont pas changé de nom. Mais le quotidien d’État «Le Nouveau Monde» a dû être fermé, momentanément, pour reparaître un mois après, le 25 mars 1986, sous un autre label: «Haïti Libérée» qui a, en fait, transpiré l’air du temps. Dans ce pays traversé par un vent de «démocratie», les militaires du Conseil national de gouvernement (CNG) au pouvoir ont nommé, pour mener les destinées du quotidien d’Etat, un Conseil de direction composé des journalistes ou hommes de medias connus : Willem Roméus, Ady Jean Gardy, Christophe Ph. Charles.

Cette direction collégiale a imprimé une orientation à la ligne éditoriale du journal d’Etat «Haïti Libérée» qui a répondu, dès sa première livraison, aux espérances, aspirations, attentes démocratiques qui traversaient tout le pays. Mieux, le journal s’est donné pour mission de diffuser des informations susceptibles de réveiller la conscience nationale, endormie depuis près de trente ans, et de bien tenir son rôle d’organe de presse charriant les revendications de la collectivité, une forme de media d’État de service public. Le bâillonnement de la parole devait faire place à cette ouverture aux autres, ou plutôt à une ouverture des colonnes du journal d’Etat à toutes les forces vives de la nation, incluant les forces politiques et sociales assoiffées de changement, de démocratie… Le quotidien d’État «Haïti Libérée», à ses débuts, pouvait s’enorgueillir de s’être rapproché de la ligne des journaux d’équilibre, d’informations générales, soucieux du respect de la déontologie professionnelle.

D’ailleurs, le général Henry Namphy, président du CNG, s’exprimant lors du premier anniversaire du quotidien «Haïti Libérée», n’a pas caché son impression à propos de cette nouvelle ligne directrice : « Benjamin des quotidiens haïtiens, Haïti Libérée a su, pendant un court laps de temps, s’imposer à l’attention de plus d’un, par sa vision objective de la réalité. Véhiculant une information propre à dynamiser la conscience nationale, Haïti Libérée s’est en quelque sorte, distinguée dans sa mission d’organe de presse au service de la collectivité haïtienne[5] .» Il fallait le dire tout haut, puisque ce quotidien, à grand tirage, en rupture totale avec son plus proche ancêtre, prenait sur lui de faire une bonne promotion du créole avant même que cette langue ne soit consacrée nationale et officielle par la Charte de 1987. Communiqués, notes, réflexions, rédigés en créole par des organisations politiques et de la société civile, étaient publiées dans les colonnes de ce quotidien.

N’était-ce pas aller trop vite en besogne? La démocratie s’avèrerait-elle «un point de départ ou un aboutissement» ? La «bamboche» démocratique décrétée par le général Namphy allait être de très courte durée. Les événements politiques allaient basculer le pays dans des aventures dangereuses et réveiller tous les vieux démons, non encore exorcisés. Et même cette expérience d’ouverture, dans la gestion du journal, allait s’estomper net. En effet, le collège, à la tête du journal depuis sa réouverture, peu après février 86, a été remplacé par M. Willem Roméus qui, premier directeur général du quotidien d’État «Haïti Libérée», a exercé cette fonction jusqu’au début de février 1988.

De «Haïti libérée» à «Le Progressiste Haïtien»
Le quotidien d’Etat «Haïti Libérée» a duré le temps de l’organisation des premières compétitions électorales de l’après-Duvalier qui ont abouti à l’installation d’un président élu constitutionnellement et démocratiquement en la personne du professeur Leslie F. Manigat. L’administration Manigat/Célestin, en moins de quatre mois au pouvoir, a relancé, dans un  temps record, soit le X… la publication du journal d’Etat rebaptisé : «Le Progressiste Haïtien» dont M. Roger Saint-Victor a été le seul et unique directeur général.

Le temps de fonctionnement, relativement court, du quotidien d’Etat «Le Progressiste Haïtien», sous cette nouvelle administration du pays, n’a pas permis de mesurer sa réelle trajectoire à travers une quelconque orientation éditoriale.

 Journal «L’Union», version Namphy
Le même scénario de l’après-février 86 s’est rejoué, quand les Forces armées d’Haïti (FADH) ont réalisé, le 19 juin 1988, le premier coup d’État de la période de transition, renversant le gouvernement constitutionnel du président Lesly F. Manigat, quatre mois après son installation, au profit du général Henry Namphy. Les données de la conjoncture semblaient exiger un grand coup de balai pour effacer les traces de l’ancien régime.  Ainsi, le quotidien d’Etat «Le Progressiste Haïtien», créé quelque quatre mois  plus tôt, a dû entrebâiller ses portes pour reparaître, plus d’un mois après, cette fois sous le nom de : «L’Union», à partir d’un décret pris par le gouvernement militaire du général Henry Namphy, le 1er juillet 1988.

Sur le rapport du ministre de l’Information et la Coordination, le colonel Acédius Saint-Louis, ce Décret, paru au journal officiel «Le Moniteur», en date du 7 juillet 1988, crée « un organisme autonome dénommé : « L’UNION » tout en définissant ses attributions, ses objectifs ainsi que son organisation et son fonctionnement. » Dans l’un des considérants de ce décret, il est bien indiqué que le journal «Le Progressiste Haïtien… ne répond plus aux objectifs qui ont justifié sa création». Ainsi, le journal d’État – publié sous le label «L’Union», dans sa première version, et logé à la même adresse de l’Avenue Pie XII à Port-au Prince –  a hérité donc de toutes les infrastructures de «Le Nouveau Monde» transformé en «Haïti Libérée», en «Le Progressiste Haïtien», gardant, en partie, le personnel technique et de soutien, utilisant le même matériel avec un nouveau  directeur général, M. Willem Roméus.

Dans son premier numéro des mardi 9 et mercredi 10 août 1988, le journal «L’Union» a réservé sa une à une «tournée triomphale du président Namphy dans le Sud». Qui a été directeur pour combien de temps ?

 Journal «L’Union», version Avril
«De coup d’État en coup d’État», «de général en général», Prosper Avril, très vite, dans ce tango de militaires, a succédé à Henri Namphy, le 17 septembre 1988, entraînant d’autres changements dans l’itinéraire de ce quotidien qui a dû palpiter au rythme des bouleversements politiques de la transition.

Durant le règne du général Prosper Avril (septembre 1988  – mars 1990), le journal «L’Union» a été, tour à tour, dirigé par MM. Max Abner Étienne et Joseph J. Bataille. Sous le leadership de ces deux directeurs, le journal d’État a, naturellement, basculé dans la propagande en faveur du nouveau messie et de son nouvel évangile. Les éditoriaux élogieux présentaient le général Avril comme un « patriote et un humaniste » qui œuvre pour le bonheur national. Parallèlement, l’opposition politique a été accusée de tous les maux de la République par chroniqueurs, éditorialistes qui ont condamné «l’attrait du vide» caractérisant certains hommes publics haïtiens[6], lesquels ont développé, selon eux, «un attachement viscéral» pour la catastrophe ou le chaos. Les grandes et réelles persécutions politiques exercées contre certains leaders de l’opposition de l’époque, la forte intolérance des partisans du régime et la flambée des manifestations de contestation devaient conduire à la chute du général Avril en mars 1990.

La parenthèse politique du général fermée par un accord, plus politique que constitutionnel, sur un juge de la Cour de cassation, en la personne d’une femme, Me Ertha Pascal Trouillot, le quotidien d’État  «L’Union» allait voguer encore une fois vers un nouvel horizon. 

Journal «L’Union», version Trouillot
Juge à la Cour de cassation, Me Ertha Pascal Trouillot a écrit l’histoire en devenant la première femme à accéder à la magistrature suprême de l’Etat haïtien. Au cours de la présidence provisoire de Mme Trouillot, le pays respirait un air de «démocratie» et toutes les institutions étatiques dégageaient cette atmosphère de tolérance. C’est dans cette conjoncture que l’écrivain Gary Victor a été installé, le 30 mars 1990, comme directeur du journal d’État «L’Union». Sous la gouverne de ce dernier, le journal d’Etat a regagné, peu à peu, la confiance des lecteurs par une certaine objectivité et une certaine indépendance dans sa ligne éditoriale. En rompant avec l’orientation précédente, «L’Union» a donné, en quelque sorte, une certaine allure de journal d’État et de service public.

Une atmosphère politique de détente relative, bien instaurée par le gouvernement Trouillot, qui a servi , sans nul doute, au bon fonctionnement du journal et, plus particulièrement, à celui du pays et conduit, finalement, à la tenue des élections démocratiques, réalisées le 16 décembre 1990, lesquelles ont proclamé la victoire à la présidence de Jean-Bertrand Aristide, le «prêtre des pauvres des bidonvilles».

Journal «L’Union», version Aristide I
En prenant les rênes du pouvoir, l’ancien vicaire de Saint-Jean Bosco, Jean Bertrand Aristide, a fait choix de l’écrivain Pierre Clitandre comme directeur du Journal «L’Union».

Journal «L’Union», version coup d’État ?
Les Forces armées du pays ont réalisé un coup d’État, le 30 septembre 1991, plus sanglant que tous les autres, pour déloger, sept mois après sa prestation de serment, le père Jean-Bertrand Aristide, ce président élu constitutionnellement et démocratiquement. La contestation était déterminée, forte et vindicative d’autant que le prêtre-président jouissait d’une immense popularité auprès des habitants des bidonvilles et des couches défavorisées du pays. Aussi la répression exercée par les militaires était-elle disproportionnelle, question de mater, de réprimer tous les mouvements de résistance contre ce coup d’Etat qualifié de «correction démocratique».

Durant les sombres années des régimes, issus de ce coup d’État militaire et qui se sont succédé, le journal d’État «L’Union», avec William Régis comme directeur, s’est transformé en une véritable machine de propagande contre l’ex- président Aristide et le mouvement pour le retour de celui-ci, assimilé, par certains, a un retour à l’ordre constitutionnel en Haïti. Ainsi, dans chaque édition de ce quotidien d’État, se menait une vraie bataille «idéologique» frisant la démesure de la propagande pernicieuse, vile et vaine. Les colonnes de ce quotidien d’État étaient donc consacrées à une litanie de témoignages réels ou fictifs racontant, sur tous les tons, les méfaits et les exactions du pouvoir lavalas dont le supplice du collier enflammé, «Pè Lebren», était le symbole. Tous les articles d’opinion, de commentaire, toutes les réflexions, publiées par le journal, présentaient ce côté macabre du régime lavalas. Toutefois, les répressions systématiques et les actes attentatoires aux vies et aux biens des partisans du père Aristide et d’autres membres de la population étaient passés sous silence.

À partir de 1992, le quotidien d’État « L’Union » allait connaître une longue période d’éclipse. En effet, le journal de l’avenue Pie XII a cessé de paraître, en dépit du retour de l’ancien président, restauré dans ses pouvoirs par la communauté internationale.

Journal «L’Union», version Aristide II
Le retour à l’ordre constitutionnel, le 15 octobre 1994,  n’a rien changé au sort du quotidien national. Réapparu en octobre 2002, sous la direction de Mario Dupuy, le journal d’État « L’Union » a fait peau neuve, en changeant de logo et en présentant en couleur sa première page. Toutefois, la modernisation technique du journal ne s’accordait pas à son contenu. En effet, le fantôme de la propagande présidentielle hantait toujours les esprits des dirigeants de l’organe d’État. L’Union était vassalisée en instrument de propagande du parti Fanmi Lavalas et du président Aristide. Les aveuglements de uns et l’irresponsabilité politique des autres entraînèrent la « démission »  forcée de l’apôtre de la théologie de la libération le 29 février 2004 qui marquera aussi la seconde éclipse du journal «L’Union» de février 2004 à  févier 2017.

De la dernière réapparition du Journal «L’Union»
L’administration Moïse/Lafontant – au nombre des décisions prises pour créer ou renforcer les institutions indispensables au bon fonctionnement du pays et de la société – a exprimé sa volonté de restructurer les media d’État, de remettre sur pied le quotidien «L’Union», fermé depuis plus d’une dizaine d’années. Une décision très ambitieuse – compte tenu des dégâts causés aux structures, déjà vieillottes, de cette institution par cette très longue période d’inactivité – et dont la témérité se justifie par ce souci premier de répondre à cette exigence constitutionnelle faite, particulièrement, au président de la République, d’être garant du bon fonctionnement des institutions publiques.  Version 2017

En fait, toutes les structures de cette institution s’étaient totalement effondrées ; les derniers locaux, abritant ce quotidien d’Etat, n’existent plus ayant subi les lourdes conséquences du séisme de 2010 ; le matériel administratif et les équipements techniques dispersés n’ont pas résisté à l’usure du temps. Le personnel a été, longtemps déjà, démobilisé et dispersé. Il a fallu tout recommencer, tout reprendre, comme s’il fallait créer une nouvelle institution.

Consciente du rôle déterminant d’un quotidien dans toute société moderne, en raison de ses fonctions essentielles et, surtout, de la conformité qu’il confère encore, dans le système juridico légal haïtien, à nombre de faits et actes de la vie courante, l’administration Moïse/Lafontant a posé l’un des premiers actes administratifs et légaux, en vue de la remise sur pied effective du journal «L’Union», en nommant, par arrêté en date du 24 mars 2017, un directeur général, en la personne du journaliste, Pierre Manigat, Junior.

L’idée primordiale, fondamentale – exprimée à travers toutes les réunions, discussions au niveau du Cabinet du président autour de cette réouverture et traduite dans la feuille de route confiée à la chaîne d’intervenants directs et indirects dans ce dossier – c’est de remettre sur pied une institution qui puisse être pérenne, stable, fiable. Tant sur le plan de l’application d’une politique éditoriale axée sur l’offre d’un service public accessible à tous, sur la défense de l’intérêt commun ou général, que sur le plan, très capital, d’une gestion financière et économique rationnelle et saine. Des considérations et des mesures financières et/ou managériales, rationnelles et fiables, susceptibles de permettre à l’institution de résister à tous les aléas politiques, économiques et d’assurer la livraison d’un journal sur une base régulière et durable.

« À quoi peut bien servir de ressusciter un imprimé à l’ère des Nouvelles technologies de l’information et de la communication(NTIC) ? », peut-on, encore, se demander ? Le directeur général de  ce quotidien d’État, lors de son discours d’investiture, a tenté de répondre à cette question : « Jusqu’ici, nous n’avons pas vu les pays les plus avancés, en matière des NTIC, se débarrasser de leurs quotidiens, comme des meubles encombrants. Tout près de nous, nos voisins conservent précieusement la vie de leur «Listin Diario», de leur « Diario Libre », associant le monde virtuel au monde matériel, en fonction de la dynamique sociale, des progrès techniques et économiques… Le quotidien «L’Union», pour être l’expression du service public, sera accessible à ceux qui ont accès à l’internet et à ceux qui restent encore accrochés à l’odeur et à la sensation tactile de l’imprimé. A travers le monde, l’imprimé continue de servir à écrire l’histoire au quotidien. L’histoire de la France, par exemple, à travers les pages de Libération ou de Le Monde… Ce pays qui constitue le modèle communicationnel de système mixte privé/public que nous avons tendance à adopter…», a-t-il avancé.

Il a précisé, par ailleurs, que «… tant qu’un autre choix ne soit fait, un jour, par nos législateurs et nos décideurs politiques, il incombera, encore et toujours, à l’État de veiller au fonctionnement normal et régulier des medias d’État. Au risque de faillir à l’une, si ce n’est à la toute principale, de ses lourdes responsabilités : resserrer les liens entre tous les citoyens et citoyennes grâce à cette magie des moyens de communication de masse, lesquels sont attestés capables de faciliter le partage de toutes les informations et connaissances, la transmission des données économiques, des valeurs historiques, culturelles et morales constituant le ciment de la société haïtienne».

En dehors des démarches administratives pour trouver un local devant reloger temporairement le journal, des réflexions pour identifier les besoins, disposer d’un budget de fonctionnement, acquérir le matériel et les équipements nécessaires, en dehors des initiatives pour recruter le personnel administratif,  les journalistes, les techniciens et le personnel de soutien, en vue de l’impression du premier numéro du quotidien, il a été question, surtout, de donner une nouvelle orientation au journal «L’Union», en fonction de ce nouveau statut de quotidien d’État et de service public. Cette orientation nouvelle ne peut être plus perceptible, plus claire, plus patente qu’à travers un projet éditorial.

«L’Union», media d’État et de service public 

Le projet éditorial
Le projet éditorial du journal «L’Union» est défini à travers trois instruments fondamentaux : la ligne éditoriale, le concept ou formule éditoriale et la charte éditoriale.

La ligne éditoriale
Le journal «L’Union» se veut un quotidien d’informations générales, à couverture nationale, qui   relate tous les faits et événements nationaux, à caractère politique, économique, culturel et social en reproduisant les conditions de vie des citoyens, des villes, des communautés, des collectivités du pays. Qui relate tous les faits et événements, sur le plan international, ayant une quelconque relation, ou mieux une  proximité certaine, avec la réalité haïtienne.

Il se donne aussi pour mission de garantir la responsabilité professionnelle, le respect de la déontologie, une grande transparence, une grande crédibilité dans la diffusion de l’information nationale, politique et officielle, en vue de créer une base d’expériences communes, lui permettant, entre autres, de remplir sa fonction psychosociale d’agent de transformation, d’intégration, dans cette perspective de maintenir ou de forger le consensus social, la cohésion sociale ou nationale. Le service public, ainsi conçu, promeut l’accessibilité de la publication à tous et à toutes et se dédie à la propagation de la pensée et de l’unité nationales, au maintien et à la valorisation de l’identité nationale et de la souveraineté culturelle.  

Le journal «L’Union», en tant que media d’Etat et de service public, accorde surtout la priorité aux faits économiques, culturels, sociaux, historiques susceptibles de capter les intérêts de l’ensemble des citoyens, de l’intérieur comme de l’extérieur ; d’impulser le développement économique national par la publication d’informations et de données y relatives ; de vendre tous les potentiels touristiques et richesses culturelles du pays, patrimoine matériel et immatériel ; de promouvoir les valeurs culturelles, sociales et morales de la nation haïtienne ; de propager, pour se les approprier, toutes les valeurs et idées démocratiques tendant à la construction de l’État de droit ; de susciter, chez les jeunes et moins jeunes, le goût de la participation citoyenne à la vie politique ou publique ; de créer un espace de débat ouvert, libre et démocratique sur tous les sujets d’intérêt public ou national ; de rendre disponible, à tous et à toutes, les informations de sources officielles diverses.

Ainsi, le journal «L’Union» tend à privilégier, dans le travail de collecte et de traitement de la salle de rédaction, les textes d’informations générales, institutionnelles et/ou officielles par rapport aux articles d’opinion ou de commentaires, même signés. Ceux-ci trouvent, toutefois, une large place dans une rubrique spéciale consacrée à «l’expression libre» et ouverte aux idées et pensées de chroniqueurs, analystes politiques, experts, critiques, journalistes externes, universitaires, scientifiques, observateurs avisés, libres penseurs…

Le concept ou formule éditoriale
Le journal est divisé en rubriques. Des chroniques sont intégrées, à l’occasion, dans l’une ou l’autre de ses nombreuses rubriques. Mis à part les textes publiés dans les pages d’«Expression libre », le calibrage des articles se situe entre 500 et 700 mots. Ceux-là sont le plus souvent illustrés et priorisent les genres informatifs : brève, filet, reportage, enquête, interview, compte rendu.

Des rubriques du journal «L’Union»
Le journal «L’Union», média d’État et de service public, se présente sur vingt-quatre (24) pages minimum, en couleur, format tabloïd, réparties en diverses rubriques : Actualités nationales, Economie, Culture, Sport, Grand dossier, Reportage, Interview, Service public, Expression libre, Santé, Patrimoine, Tourisme, Faits divers… Certaines de ces rubriques sont fixes, faisant l’objet de publication quotidienne ou régulière. D’autres sont périodiques, publiées en fonction des besoins et circonstances. À l’occasion, le quotidien publie des cahiers de huit (8) pages maximum sur des thèmes, faits, ou sujets spéciaux. Ces publications spéciales, numérotées ou insérées dans le journal, de production interne ou externe, couvrent des événements nationaux d’intérêt public ou commun, et internationaux d’intérêt général.

Actualités nationales et politiques
La rubrique «Actualités nationales et politiques » rapporte les faits, couvre les événements de la vie quotidienne, traite de tous les sujets se rapportant à la vie politique, sociale qui font la une ou les manchettes d’une édition du journal, en fonction de leur importance et de leur intérêt avérés. Elle  reproduit, surtout, les conditions de vie des citoyens, des villes, des communautés, des collectivités du pays, en conformité avec les priorités définies à travers le projet éditorial du journal «L’Union», media d’État et de service public.

Les textes sont élaborés à partir d’informations reçues, cherchées, rapportées, expliquées et rarement commentées et utilisent tous les genres informatifs de la brève jusqu’à l’enquête.

Économie
La rubrique «Économie» renseigne sur les activités des secteurs économiques et commerciaux (formels et informels), des petites, moyennes jusqu’aux grandes entreprises ; relate les conditions de vie ou d’existence des marchands et des marchés publics, des entrepreneurs et des entreprises ; encourage, en les présentant, les projets innovants pour servir de modèles. Les textes s’appuient sur les données chiffrées ou statistiques recueillies auprès de sources fiables, des postes douaniers, de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), des banques commerciales privées ou publiques. Elle privilégie les informations concernant les échanges commerciaux entre Haïti et la République dominicaine, le long de la frontière terrestre.

International
La rubrique «International» rapporte tous les faits et événements, qui se déroulent à l’étranger, à partir de dépêches d’agences internationales, présentant un quelconque intérêt pour les lecteurs. Elle priorise, surtout, toutes les informations concernant des pays de la Caraïbe : la République dominicaine, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe ; de ceux de l’Amérique latine : le Chili, le Brésil, l’Equateur ; de ceux de l’Amérique du Nord, États-Unis (Miami, New York, Boston), Canada (Montréal), ayant une certaine proximité avec Haïti,  pour des raisons géopolitiques et en raison de la présence massive de nos compatriotes dans ces pays ou dans ces États.
Culture
Sport
Grand dossier
Reportage/Interview/Enquête
Service public
Expression libre
«Expression libre» est dédiée aux articles d’opinion, de commentaires et, ainsi, ouverte aux idées et pensées des experts, analystes politiques, chroniqueurs, journalistes externes, universitaires, simples observateurs pour pallier la carence de revue, de magazine spécialisé, d’hebdomadaire, de media partisan, de publication académique ou scientifique. Écrits dans un style pondéré, les textes de cette rubrique respectent les normes, valeurs démocratiques et aident à la propagation de la pensée et de l’identité nationale.

«Expression libre» encourage, dans la tolérance et dans les limites de la polémique, la pluralité, la diversité des idées en toute matière : idéologique, politique, religieuse, sociale. Les textes, publiés dans cette rubrique, reçoivent, préalablement, l’approbation du directeur général ou du directeur de rédaction, responsables de la ligne éditoriale du journal. Certains font, suivant leur nature, leur intérêt, l’objet d’insertion demandée en conformité avec les exigences requises par l’administration du journal.
Santé
Patrimoine
Tourisme
Faits divers
Certains sujets d’actualité ne méritent pas un long développement et sont traités sous forme de brève ou de filet. Ils sont appelés, dans le jargon journalistique, faits divers, remous ou chiens écrasés et servent de raccourcis pour rattraper, des fois, l’actualité nationale ou événementielle ; pour signaler de simples faits quotidiens, courants, à l’attention des responsables ; pour faire de petites annonces, lancer des invitations diverses. Ils sont de lecture facile, à caractère utilitaire, et considérés comme un service, non sans importance, rendu au public ou aux lecteurs.

La charte éditoriale
La charte éditoriale détermine la discipline rédactionnelle. «L’Union», en tant que media d’État et de service public», défend toutes les valeurs liées à l’intégrité, à la bonne foi, à la tolérance, à la coexistence pacifique entre tous les groupes politiques, culturels, sociaux et économiques. Il présente aux lecteurs des textes respectant les règles de qualité et de fiabilité.

Aussi les rédacteurs du journal sont-ils tenus de respecter le Code de déontologie des médias et des journalistes d’Haïti, signé le 8 décembre 2011 par des associations de médias et de journalistes.

  Code de déontologie des médias et des journalistes d’Haïti
La liberté d’expression est un des droits fondamentaux de l’homme ; sans elle, l’opinion publique ne peut être informée correctement. Elle est garantie par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et par la Constitution d’Haïti de 1987.
Convaincus que la recherche de la vérité est au cœur de la profession journalistique,
Soucieux de préserver l’intégrité et la liberté de la presse,
Conscients de l’importance d’assurer la crédibilité de la profession auprès de tous les citoyens,
Conscients du rôle que peut jouer la presse dans la construction d’un État démocratique en Haïti,
Les médias et les journalistes haïtiens ont adopté le code de déontologie suivant :

  1. Liberté de la presse
    La liberté de la presse est une condition essentielle de la liberté d’expression. Les medias et les journalistes défendent la liberté de la presse et d’expression, conformément à l’article 28 de la Constitution haïtienne.
  1. Véracité et authenticité des faits
    Rechercher pour le public des informations, les vérifier, les situer dans leur contexte, les hiérarchiser et les diffuser est l’une des tâches principales de la presse. Dans cette logique, les faits doivent être rapportés avec impartialité, équilibre et exactitude.
  1. Information et opinion
    Les médias et les journalistes peuvent s’exprimer sur toute question ou sujet. Toutefois, ils ont le devoir de séparer les commentaires des faits pour ne pas jeter le public dans la confusion. Les medias et les journalistes ont pour devoir de faire la différence entre la vérité des faits, qui est de l’ordre du constat, et le jugement qui est de l’ordre du sens et de la signification pour ne pas jeter le public dans la confusion.

Les médias et les journalistes doivent indiquer clairement quand ils défendent une position ou une opinion, par exemple sous la forme d’éditoriaux ou de points de vue.

  1. Dignité humaine et vie privée
    Les médias et les journalistes respectent les droits de l’individu à la dignité et à la vie privée. Cette dernière englobe les faits et gestes que l’individu ne veut partager qu’avec ses proches, amis ou connaissances. Tant que cette vie privée n’interfère pas avec l’intérêt public, elle doit être scrupuleusement respectée. Une nouvelle est d’intérêt public lorsqu’elle est utile à la participation à la vie démocratique ou qu’elle met en cause le fonctionnement des institutions publiques ou des institutions privées. Les journalistes et les médias ne peuvent parler de la vie privée des personnalités publiques que par l’existence d’un haut  intérêt public.
  1. Discrimination
    La discrimination contrevient au droit à l’égalité proclamé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. La presse reconnaît et défend la diversité des opinions et la non‐ discrimination. Les médias et les journalistes s’opposent à toute forme de discrimination fondée notamment sur le sexe, l’orientation sexuelle, la religion, l’origine nationale ou ethnique, la race perçue ou la couleur, le handicap physique ou mental, la langue, les convictions politiques, les origines sociales ou de toute autre situation.
  1. Principe de présomption d’innocence
    Les médias et les journalistes d’Haïti doivent respecter le principe de présomption d’innocence qui est clairement défini dans l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. «Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.» Les médias et les journalistes s’abstiennent de condamner avant tout jugement les personnes mises en cause.
  1. Présentation de la violence
    Les médias et les journalistes doivent éviter le langage de la haine et de l’affrontement. Ils s’abstiennent de publier des scènes de violence, des images macabres et obscènes à des fins sensationnelles. Ils refusent de relayer les réactions de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs ou d’internautes qui nourrissent la haine, les discriminations ou les préjugés à l’égard des personnes ou de groupes.
  1. Protection des personnes en situation de faiblesse
    Les journalistes doivent faire preuve de compréhension et de respect des personnes en souffrance, notamment celles qui ont été victimes de crimes ou d’événements traumatisants. Ils éviteront de les harceler pour obtenir des informations. Les questions qu’on leur adressera doivent être formulées avec sensibilité et retenue. Les journalistes doivent traiter les victimes d’événements traumatisants avec dignité.
  1. Traitement de l’information
    Dans le traitement de l’information, les journalistes doivent examiner avec rigueur et une vigilance critique les informations, les documents, les images et les sons qui leur parviennent. Le souci d’assurer au plus vite la diffusion de l’information ne doit pas dispenser d’une vérification préalable de la crédibilité des sources. Les médias et les journalistes doivent éviter de citer des phrases hors de leur contexte, d’utiliser du matériel graphique, des photos ou des contenus audiovisuels qui ont subi une altération. Les journalistes ont pour devoir de signaler les montages photographiques à la connaissance du public.
  1. Droit de réponse et rectification des informations erronées
    Toute erreur au niveau de l’information doit être rectifiée le plus rapidement possible. Les personnes injustement mises en cause ont droit à la réparation par le droit de réponse. Le droit de réponse ne peut s’exercer que dans l’organe qui a publié l’information contestée.
  1. Accès aux informations
    Les médias et les journalistes ont droit d’accès à toutes les sources d’information. Ils ont le droit de conduire des enquêtes sur toutes les questions portant sur la vie publique. Toutefois, il leur est interdit d’utiliser des méthodes déloyales pour obtenir des informations, des images et des documents.
  1. Protection des sources d’information
    Les médias et les journalistes doivent respecter le secret professionnel. Ils ne doivent pas divulguer le nom des sources d’informations obtenues confidentiellement sans leur permission expresse. Ils ont toutefois le devoir de vérifier l’authenticité et l’exactitude des informations, en particulier en les recoupant avec d’autres sources d’information. Ce droit est consacré par l’article 28.2 de la Constitution haïtienne de 1987.
  1. Rumeur
    La rumeur est une information présentée comme vraie, mais non vérifiée et souvent non vérifiable, relatant des faits ou opinions déformées, exagérées ou même inventées. Une rumeur n’est pas une information. Elle ne peut être publiée, sauf si elle est significative et utile pour comprendre un événement. Les médias et les journalistes doivent toujours l’identifier comme rumeur et faire attention à ce que son traitement médiatique ne la renforce pas et n’amplifie pas les mauvaises interprétations.
  1. Plagiat
    Les journalistes doivent s’interdire de tout plagiat. Ils citent les confrères et les consœurs dont ils ou elles reprennent les informations. Les journalistes ne doivent pas se faire passer pour l’auteur du matériel écrit, audio, des images animées et des photos qu’ils n’ont pas eux-mêmes produits.
  1. Indépendance
    Les médias et les journalistes ne doivent céder à aucune pression. Leur principal intérêt est celui de permettre au public de jouir de son droit d’être informé. Ils se méfient de toute démarche susceptible d’instaurer entre eux-mêmes et leurs sources un rapport de dépendance ou de connivence. L’indépendance des médias et des journalistes est la condition fondamentale d’une information libre, pluraliste et responsable.
  1. Impartialité en période électorale
    Durant la campagne électorale, les médias et les journalistes ne doivent pas faire l’apologie d’un parti politique ou d’un candidat. Ils doivent traiter tous les partis et candidats de manière équitable, impartiale et neutre. Les médias et les journalistes doivent notamment respecter le principe d’équilibre en relayant plusieurs opinions contradictoires dans les articles et les émissions. Les extraits de propos tenus par des candidats et responsables politiques doivent être reproduits de façon substantielle, en respectant le contexte dans lequel ils ont été́ prononcés. Les médias et les journalistes doivent maîtriser et respecter le contenu de la loi électorale.
  1. Information et publicité
    La publicité à caractère commercial ou politique doit être clairement distinguée de l’information ou des analyses. Il est obligatoire de préciser quand un type quelconque d’annonce relève d’un accord commercial avec un média. Les médias et les journalistes refusent de diffuser une information en échange d’un contrat publicitaire ou de tout autre avantage pour leur entreprise de presse.
  1. Cadeaux et gratifications
    Les médias et les journalistes refusent tout cadeau ou gratification pouvant compromettre leur impartialité́. Ils refusent que des entreprises, des institutions ou des organisations les paient pour couvrir des événements.
  1. Rémunération
    En vue de contribuer à assurer ou à valoriser le statut professionnel du journaliste, les responsables des médias devront s’efforcer d’offrir une rémunération permettant aux journalistes de mener une vie digne et décente.
  1. Le devoir de compétence
    Le journaliste doit tenir compte de ses compétences ou de ses aptitudes. Il doit chercher constamment à se perfectionner et à maîtriser les techniques dont il a besoin pour mieux exercer sa profession avec le soutien des médias pour lesquels il travaille. Le journaliste doit s’efforcer de participer aux activités de formation permanente organisée par les diverses associations professionnelles. Les responsables des médias devront encourager les journalistes à participer à toutes formes de formation visant à leur intégration dans la profession.
  1. Médias et genre
    Les médias et les journalistes doivent faire preuve d’une sensibilité particulière en ce qui concerne les problèmes se rapportant aux stéréotypes sexuels. Les médias et les journalistes s’assurent qu’ils reflètent l’égalité intellectuelle et émotive des hommes et des femmes. Ils doivent encourager la participation des femmes dans les médias, y compris à des postes de responsabilité.
  1. Confraternité
    L’esprit d’équipe, de collaboration et de confraternité doit guider les journalistes. Le respect mutuel entre confrères doit être encouragé. Le journaliste n’utilise pas les colonnes des journaux ou des antennes à des fins de règlement de compte avec des confrères.

 Charte spécifique au journal L’Union

Les rédacteurs du journal «L’Union» s’engagent à respecter ces principes propres au journal :

De l’indépendance des journalistes
Les rédacteurs assurent la couverture des événements, la présentation des faits, le traitement des sujets, avec indépendance et  s’efforcent de garder leur indépendance vis-à-vis des acteurs. Le choix de l’angle des textes et des éditoriaux sont effectués loin des influences sociales, politiques, culturelles et économiques.

Des conflits d’intérêt
Les rédacteurs du journal «L’Union» s’abstiennent de traiter des sujets liés aux entreprises, aux entités politiques ou commerciales dans lesquelles ils ont des intérêts personnels.

De la crédibilité des journalistes
Les rédacteurs n’acceptent jamais de recevoir des pots de vin, des cadeaux, gratifications ou autres faveurs susceptibles de compromettre leur crédibilité. Les rédacteurs font preuve de prudence et de professionnalisme face à toute forme de manipulation.

Des collaborations extérieures
Les contributions extérieures de journalistes, photographes et d’autres collaborateurs doivent être autorisées par la direction de rédaction, avant toute publication.

Le Processus éditorial
Deux points concernent  le processus éditorial : la rémunération des journalistes et le contrôle des textes.

De la rémunération
Le journal «L’Union» pratique deux types de rémunération :

  • Un salaire mensuel et d’autres primes versés aux journalistes et photographes engagés dans la Rédaction ;
  • Une rémunération versée à des collaborateurs externes, sous forme de pige, à la fin du mois, au regard du nombre de textes ou de photos publiés.

Du contrôle des textes
Le contrôle des textes concerne la correction des contenus d’information, la relecture des textes et se font à trois niveaux :

  • au premier niveau par les chefs de rubrique, pour être ensuite transférés au Secrétariat de Rédaction ;
  • au deuxième niveau, par un comité de relecture, sous la direction du secrétaire de rédaction qui transfère les épreuves à la direction de rédaction ;
  • au dernier niveau, la direction de rédaction donne l’autorisation finale (Bon à tirer, BAT) et les renvoie au secrétariat de rédaction pour pagination.

De la rédaction du journal
La rédaction du journal «L’Union» regroupe l’ensemble de tous les journalistes (de terrain et en coulisse) qui font le travail quotidien de collecte et de traitement de l’information, du sommaire à la relecture des textes. Coiffée par un directeur, assisté de deux secrétaires de rédaction, cette rédaction dispose de chefs de rubrique, de rédacteurs, de journalistes, de correspondants, de correcteurs, de chroniqueurs, de pigistes…

Du directeur de rédaction
Garant de la ligne éditoriale du journal «L’Union» et le reflet de son image, le directeur de rédaction  tient le rôle de chef d’équipe, de chef d’orchestre, de «meneur de troupes », de décideur, en ce sens qu’il :

gère, en général, tous les journalistes et toutes les questions d’ordre technique et pratique de la publication ;

planifie les réunions de rédaction en vue de déterminer, quotidiennement, les sujets à traiter ; les angles à définir ; le calibrage à respecter (nombre de pages par rubrique et nombre de mots par texte) ; les illustrations (dessin, photographie, caricature), les articles (des pigistes) à commander ;

prépare, pour chaque livraison, le chemin de fer (organisation et positionnement des articles et des publicités page par page) ;

veille au plus strict respect des principes de responsabilité professionnelle, de déontologie, de crédibilité des articles, publicités, illustrations, de toute publication du journal.

Du secrétaire de rédaction
Travaillant sous les ordres du directeur de rédaction du journal, Le secrétaire de rédaction fait office d’intermédiaire entre cette direction et le reste de l’équipe – journalistes, pigistes, infographistes correcteurs, maquettistes, chroniqueurs, chefs de rubrique et  se charge :

de la cohérence générale de la publication, de la finition des articles, de la supervision de la mise en page incluant l’emplacement des articles, publicités, illustrations ;

de la relecture des textes, de leur correction au point de vue de la syntaxe, de l’orthographe, de la typographie, de l’habillage des textes (titre, surtitre, sous-titre, intertitre, illustration) ;

de la coordination globale de la livraison, du suivi, de la hiérarchisation, du classement de toutes les sources d’informations, en collaboration avec les chefs de rubrique ;

de la recherche de l’actualité, de l’idée ou information originale, du sujet caché dans une brève ou un filet et de la redistribution des informations aux journalistes et chefs de rubrique

Du chef de rubrique
Le chef de rubrique, placé sous les ordres du directeur de rédaction du journal, assure la pleine et entière gestion et coordination du domaine de sa compétence (politique, économie, culture, sport…) et est chargé :

de la planification (annuelle ou mensuelle), de la couverture des événements touchant, de près ou de loin, son domaine d’intervention ;

de la cohérence préalable de ses pages, de la hiérarchisation des informations, du choix des sujets, de l’angle des articles ;

de la relecture des textes, de leur correction au point de vue de la syntaxe, de l’orthographe, de la typographie, de l’habillage des textes (titre, surtitre, sous-titre, intertitre, illustration) ;

de la recherche de l’actualité, de l’idée ou de l’information originale, du sujet caché dans une brève ou un filet et de la redistribution des informations aux journalistes et chroniqueurs de sa rubrique ;

de la recherche du soutien d’autres journalistes ou chroniqueurs quand le volume rédactionnel de ses pages augmente, en fonction des impératifs de l’actualité ou de la conjoncture.

Du journaliste/reporter
Recruté sur la base de ses expériences avérées, sur concours ou après un stage universitaire ou  professionnel, le journaliste/reporter du quotidien «L’Union», affecté à quelle que soit la rubrique, fait preuve :

de respect  de la ligne éditoriale de la publication, des principes de déontologie, d’objectivité ou de responsabilité professionnelle, d’honnêteté et s’assure de la crédibilité des faits rapportés, de la fiabilité de ses sources pour des informations justes et complètes ;

de rigueur dans la production de ses articles (en créole ou en français), au niveau de la syntaxe, de l’orthographe, de la typographie, du calibrage ;

de rapidité, d’intelligence, de créativité, de précision  dans l’exécution de ses articles, des tâches quotidiennes : collecte et traitement de l’information, suivi de l’information, mise à jour de ses contacts ou de son carnet d’adresse, choix du sujet à traiter ;

de patience et de ténacité dans la quête de l’information rare, utile nécessaire à  la production d’un article traitant d’une réalité complexe.

Du chroniqueur
Recruté sur la base de ses expériences, qualifications, compétences avérées, le chroniqueur ou pigiste, étant non salarié mais payé à l’article, est considéré comme journaliste indépendant, offrant ses services au journal «L’Union». S’il est libre de choisir ses sujets, d’organiser son emploi du temps, il fait toutefois preuve :

de respect  de la ligne éditoriale de la publication, des principes de déontologie, d’objectivité ou de responsabilité professionnelle, d’honnêteté et s’assure de la crédibilité des faits rapportés, de la fiabilité de ses sources pour des informations justes et complètes ;

de rigueur dans la production de ses articles (en créole ou en français), au niveau de la syntaxe, de l’orthographe, de la typographie, du calibrage ; ses textes, écrits dans un style pondéré, respectent les normes, valeurs démocratiques et aident à la propagation de la pensée et de l’unité nationale ;

de rigueur académique, de tolérance dans ses analyses, ses critiques et même dans ses écrits polémiques.

Du correspondant
Recruté sur la base de ses expériences avérées, sur concours ou après un stage universitaire ou  professionnel, le correspondant du quotidien «L’Union» travaille comme journaliste/reporter, affecté à une commune ou à un département, et fait preuve :

de respect  de la ligne éditoriale de la publication, des principes de déontologie, d’objectivité ou de responsabilité professionnelle, d’honnêteté et s’assure de la crédibilité des faits rapportés, de la fiabilité de ses sources pour des informations justes et complètes ;

de rigueur dans la production de ses articles (en créole ou en français), au niveau de la syntaxe, de l’orthographe, de la typographie, du calibrage ;

de rapidité, d’intelligence, de créativité, de précision  dans l’exécution de ses articles, des tâches quotidiennes : collecte et traitement de l’information, suivi de l’information, mise à jour de ses contacts ou de son carnet d’adresse, choix du sujet à traiter ;

de patience et de ténacité dans la quête de l’information rare, utile nécessaire à la production d’un article traitant d’une réalité complexe ;

de dynamisme et de sérieux étant donné qu’il travaille seul, loin de l’ambiance, de la pression de la salle de rédaction.

De la distribution du journal
En raison des contraintes budgétaires, le journal «L’Union» est distribué, actuellement, à 5000 exemplaires et, pour atteindre ses premiers objectifs, il s’appuie, surtout, sur les institutions, publiques et privées, existantes – liées à la culture et à l’éducation – pour créer ce besoin, cette habitude de lecture d’un quotidien d’État et national. Savoir, les directions déconcentrées des ministères, les bibliothèques, les alliances françaises, les CLAC, les aéroports internationaux, les lignes aériennes, les représentations à l’étranger.

La distribution du journal «L’Union», en tant que média d’État et de service public, doit s’étendre sur tout le territoire national de sorte que les caractéristiques socioéconomiques, culturelles  de tous ses lecteurs puissent s’identifier à celles de l’ensemble de la population. En règle générale, la distribution d’une publication dépend de son tirage et la répartition du tirage, quant à elle, de facteurs socioculturels et socioéconomiques nationaux qui peuvent constituer des contraintes ou des avantages.

Dans le cas de ce quotidien d’État, la distribution vise, dans un premier temps, les principales villes et communes du pays, en raison des problèmes, de toutes sortes, liés à sa très longue période d’inactivité. Une stratégie d’expansion, de communication, d’information qui prend en compte toutes les données de  la géographie naturelle du lectorat national réparti, généralement, à travers des villes et communes telles que Jacmel, Gonaïves, Saint-Marc, Mirebalais, Hinche, Cayes, Port-de-Paix, Fort-Liberté, Ouanaminthe, Jérémie, Miragoâne, Port-au-Prince, Aquin, Petit-Goâve, Grand-Goâve, Léogâne, Pétion-Ville, Tabarre, Croix des Bouquets, Limbé. Toutefois, dans sa quête de souveraineté culturelle, d’identité nationale, le journal «L’union» accorde, pour des raisons évidentes, une priorité d’implantation dans les principales villes frontalières, telles, Malpasse, Belladère, Anse-à-Pitre et dans certaines communes du Plateau central.

Toutes les villes et communes doivent être dotées de correspondants qui, dans certains cas, vont se transformer progressivement en chefs de représentation régionale ou départementale du journal.

Toutefois, le journal «L’union» est disponible en ligne via… Accord à signer avec la Natcom pour le journal en ligne (à compléter).

Compte tenu de son statut de média d’État et de service public, le journal ne s’efforce pas – pour être rentable et viable – à générer d’énormes profits à partir du marché publicitaire, centré à Port-au-Prince – seule capitale politique,  économique, culturelle, sociale du pays – et dans les quelques rares grandes villes du pays. Sa rentabilité, sa viabilité doit se mesurer à son ambitieuse stratégie d’expansion nationale, à son utilité sociale, à son appropriation par toutes les couches sociales. Aussi, dans un même temps, la direction du journal «L’union» envisage-t-elle de travailler, en fonction des perspectives liées à l’acquisition d’une presse, à son implantation véritable. Ce qui doit favoriser le tirage d’au moins 15000 exemplaires minimum dans l’objectif de couvrir, totalement, le territoire national et même toutes les  grandes villes de pays étrangers où se concentrent les Haïtiens et Haïtiennes expatriés : République dominicaine, Chili, Martinique, Guadeloupe, Brésil, Etats-Unis, Canada…

Suivant les besoins et la demande, et en fonction de sa possible expansion économique ou financière, le quotidien «L’union» ambitionne même de réaliser une impression, spécifique à chacune de ces grandes villes étrangères, à partir des représentations extérieures permanentes, en vue de créer ou de recréer des liens socioculturels, socioéconomiques, par application de la loi de proximité, entre les compatriotes de l’intérieur et ceux de l’extérieur.

De l’impression du journal
Pour les raisons structurelles, avancées plus haut, le quotidien d’État «L’Union» est, quant à présent, tiré à 5000 exemplaires par une entreprise basée à X, à partir d’un contrat d’impression passé entre la direction générale des deux institutions. 

Des espaces publicitaires du journal
Les espaces publicitaires sont ouverts à tous les secteurs, à tout type d’annonce ou d’avis, allant du commercial à l’utilitaire, et selon les lois régissant donc le marché local. Le journal «L’Union», en tant que media d’État et de service public, se réserve, toutefois, le plein droit de restreindre ces espaces à toute forme de publicité qui enfreint, littéralement, les lois et normes établies ou non conformes aux valeurs morales, à l’identité nationale, à la souveraineté culturelle de la société haïtienne ; à toute celle qui peut choquer la pudeur, discriminer une catégorie ou un groupe social, en raison du sexe, de la race, de la classe, de la croyance religieuse ou de l’appartenance idéologique.

Le journal d’État, n’ayant pas une vocation strictement commerciale, ne peut être géré, pour être florissant, comme une entreprise privée de biens et de services générant, uniquement, d’énormes profits. Aussi accorde-t-il un tarif préférentiel à la publicité faite concernant les activités, à grand impact économique, politique, culturel, historique, touristique, environnemental et autres, très profitables au bien-être, à l’émancipation, à l’harmonisation de l’ensemble de la population et susceptibles, au final, de propulser le pays vers le progrès économique, social. Ces espaces publicitaires, accordés à prix réduit, représentent une contribution financière du journal d’État, constituent une forme de partenariat, de participation active à tous les évènements des secteurs public et privé – campagne de sensibilisation, de mobilisation – autour d’un thème, d’un sujet d’intérêt général ou national. Une disposition qui concerne également l’organisation des manifestations sportives, des manifestations culturelles, telles les fêtes patronales, champêtres, religieuses…

En ce qui a trait à la propagande ou «publicité politique» – durant les périodes particulières de la vie nationale, les compétitions électorales, par exemple – les lois de la République déterminent toutes les modalités et conditions d’accès de tous les secteurs politiques aux avantages et privilèges offerts par les media d’État.

L’achat d’un espace ou encart publicitaire, dans une livraison du journal «L’Union», est négocié en fonction de sa parution simultanée dans les versions imprimée et virtuelle.

Du mode de recrutement des journalistes
Les journalistes sont recrutés sur concours, ouvert ou restreint, organisé périodiquement par la direction de rédaction, après avis favorable de la direction générale, en fonction des besoins du journal en personnel et de ses disponibilités financières ou budgétaires. Les critères de sélection se fondent sur le titre académique, sur la qualification d’acquis et d’expérience.

En tant que média d’État et de service public, le journal «L’Union» entend aménager un bassin de compétence, dans le domaine de la presse écrite, au bénéfice du pays. Aussi se propose-t-il, sur la base d’un système de roulement, d’organiser des stages universitaires, ne dépassant pas trois mois, à l’intention des étudiants de la Faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti (FASCH-UEH) (département Communication et journalisme), prioritairement. Sans exclure ceux des autres universités privées, œuvrant dans ce domaine spécifique. Après élaboration du rapport de stage universitaire, les plus méritants peuvent être appelés à effectuer un stage d’emploi, de même durée, pour le compte du quotidien «L’Union», en fonction de ses besoins en personnel et de ses disponibilités financières ou budgétaires.

Aux stagiaires, dont le travail est jugé satisfaisant, le journal offre le choix d’intégrer son équipe rédactionnelle, à plein temps, ou de fournir des services à distance, comme pigistes, chroniqueurs ou autres…

[1] Le Nouveau Monde, # 50, dimanche 11 janvier 1959.

[2] Le Nouveau Monde, dimanche 22 mars 1959.

[3] Le Nouveau Monde #108, dimanche 6 mars 1960.

[4] Le Nouveau-Monde, dimanche 31 janvier 1965.É

[5] Haïti Libérée: Mercredi  25 mars 1987, #227.

[6] L’Union: mercredi  11 janvier 1989, numéro79.

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