La jeunesse saint-marcoise : une lutte quotidienne d’auto-affirmation !

La ville de Saint-Marc se transforme de plus en plus pour se positionner parmi les villes les plus actives en termes d’évènements socioculturels majeurs du pays ces trois dernières années. Une ville où les invitations pleuvent de partout. Un dynamisme dû en grande partie à la jeunesse saint-marcoise qui s’active de plus en plus à véhiculer une autre image de la ville, qui est, dit-on, la plus hospitalière du pays.

La jeunesse au cœur de l’action !

Pleine d’énergie et de perspectives de projets, la jeunesse saint-marcoise s’impose de plus en plus, en dépit des difficultés de sponsoring et d’accompagnement nécessaire auxquelles elle fait face dans son élan de développement communautaire. Des activités de référence, dont Festi Tech, un festival annuel de technologie et de jeux vidéo rassemblant des spécialistes de divers horizons, Vive Haïti Livres, le festival « Oh ! Théâtre » de la compagnie Palmis, « An n pataje ansanm », sont autant d’initiatives socioculturelles. Des colloques, des conférences, des embryons d’entreprises se développent de plus en plus et la jeunesse saint-marcoise paraît de plus en plus motivée à changer la donne socio-économique et politique de la commune.

Un élan positif de la part de la jeunesse qui subit son lot de désintéressement, d’accompagnement et de manque d’infrastructures adéquates à cette vision novatrice de développement.

« Si ce n’est que notre engagement et notre passion pour ce que nous faisons, cette soirée devrait être notre dernière […] », a laissé entendre Richardson Fils-Aimé, jeune engagé et fondateur de la compagnie Palmis, lors d’une soirée pour les trois ans de sa compagnie qui œuvre dans la culture au niveau de la ville. Même casde figure pour Marie-André Armand, coordonnatrice de « Arts Festi », une initiative visant à valoriser les artisans tout en créant un espace de marché pour les travailleurs de l’art.

Les difficultés de crédit pour les jeunes sont de taille ; peu importe la portée du projet d’entreprise. Les établissements financiers ne font pas confiance aux jeunes. Dans ces conditions, ceux-ci sont livrés à eux-mêmes, essayant avec peine de se constituer et de trouver leur voie vers n’importe quel ailleurs.

« Il n’y a pas de crédit pour les jeunes. Nous ne pouvons qu’essayer avec les maigres moyens que l’on peut mobiliser », rapporte un participant de l’initiative « Jeunes Entrepreneurs d’aujourd’hui, Acteurs de demain » nouvellement lancée par le comité local de la Commission nationale pour l’innovation et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes à Saint-Marc.

Une frange de la jeunesse ne baisse pas les bras. Ils sont décidés. Ils veulent ouvrir leurs entreprises, prendre des initiatives, aider les autres et partager leurs visions du monde en dépit du manque d’infrastructures et d’accompagnements. C’est dire que l’initiative lancée par la Commission nationale pour l’innovation et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes (CNIISJ) en ce qui concerne la création d’entreprises jeunes tombe à point nommé et a trouvé un écho positif dans la jeunesse saint-marcoise qui s’est empressée de solliciter des formulaires d’indentification des entreprises en attente de financement.

Le poids démographique des jeunes, qui représentent plus de 60 % de la population haïtienne, rend indispensable une politique inclusive pour l’intégration de la jeunesse au cœur du développement d’Haïti. Une telle politique permettra de combattre la migration massive et redonner vie à ce pays toujours dans les bottes.

La jeunesse saint-marcoise est debout et n’attend qu’un coup de pouce pour devenir de vrais acteurs de développement durable dans le pays.

Francois Nedje Jacques

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