Premier trimestre 2018-2019 : Les variables macroéconomiques toujours en rouge


Le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019 a été marqué par un renforcement des pressions inflationnistes, la chute continue de la gourde par rapport au dollar américain, la détérioration du solde de la balance commerciale et des finances publics. Cette conjoncture économique fragile a conduit la BRH a adopté une politique monétaire ayant comme objectif d’atténuer les impacts de cet environnement adverse sur la monnaie nationale tout en veillant à la stabilité du système financier.

Le premier trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019 a été marqué par un renforcement des pressions inflationnistes et la chute continue de la gourde par rapport au dollar américain. Lesquelles tendances ont été nourries par l’augmentation de la liquidité en gourdes, consécutive au déficit budgétaire de l’État et aux incertitudes nées des troubles sociopolitiques du mois de juillet 2018 qui n’ont pas épargné les activités du secteur tertiaire. C’est ce qui ressort de la note de politique monétaire de la BRH pour le premier trimestre de l’année fiscale 2018-2019, publiée à la fin du mois de janvier 2019.

Cette note de la BRH fait état d’une accentuation des pressions inflationnistes dans l’économie haïtienne au cours de ce premier trimestre. En effet, en décembre 2018 l’indice général des prix à la consommation (base 100 en 2017-2018) s’est chiffré à 111,2 contre 109,6 en novembre 2018 et 96,6 en décembre 2017. Ainsi, en rythme mensuel l’inflation a connu une hausse de 10 points de base soit une variation de 1,5 %. Par rapport au mois de décembre de l’année 2017 l’indice général des prix à la consommation du mois a crû de 60 points de pourcentage, portant ainsi le taux d’inflation à 15,1% contre 14,5% en novembre 2018. Une hausse généralisée qui s’est manifestée tant sur les produits locaux que ceux importés. En fait, l’indice des prix des produits locaux a augmenté de 50 points de base, passant de 13,8 % en novembre à 14,3 % en décembre 2018. Parallèlement, celui des produits importés s’est accru de 17,3 %, soit une hausse de 70 points de base par rapport au mois précédent.

Ce premier trimestre de l’année fiscale 2018-2019 a été également caractérisé par un ralentissement de l’activité économique en dépit de l’augmentation saisonnière des visiteurs de la diaspora et des dépenses liées aux fêtes de fin d’année. S’il est vrai qu’une hausse de 1.46% de l’emploi a été constatée entre novembre à décembre 2018, portant le nombre de postes à 52 950 dans l’industrie de l’assemblage, cependant le secteur tertiaire continue de subir de plein fouet des conséquences des troubles sociopolitiques qui se sont produits en juillet 2018. D’autre part, l’amélioration des conditions pluviométriques n’a pas pu tirer vers le haut la production du secteur agricole.

En ce qui concerne le secteur externe de l’économie, les données publiées par la BRH pour les mois de novembre et décembre confirment la détérioration du solde commercial. En effet, le déficit de la balance commerciale a atteint 602,28 millions de dollars américains pour les deux premiers mois de l’exercice fiscal, accusant du même coup une hausse de 7.9% par rapport à la même période de l’exercice précédent. Selon la note de la BRH, cette situation est consécutive à une hausse de 4,9% des importations alors que les exportations ont reculé de 4,4% sur la période sous-étude.

L’un des faits ayant marqué les esprits des agents économiques en ce début de l’exercice 2018-2019 est la détérioration du taux de change de la gourde par rapport au dollar américain. En effet, au 31 décembre 2018, le taux de référence se chiffrait à 77,19 gourdes pour un dollar américain, soit une hausse de 10,30 % par rapport au 28 septembre de la même année et de 21,20% par rapport au 29 décembre 2017. Plusieurs raisons ont été avancées par la BRH pour expliquer la situation notamment l’augmentation du déficit commercial, l’aggravation du déficit budgétaire, sa monétisation et les incertitudes socio-politiques. Parallèlement, les transferts en provenance de l’étranger ont augmenté de 9.75% par rapport à la même période de l’exercice précédent. Cependant, cette augmentation n’a pas été en mesure de calmer les ardeurs du billet vert vis-à-vis de la gourde.

Le premier trimestre de cette nouvelle année fiscale a été caractérisé également par une aggravation du solde des finances publiques. Cette situation, selon la BRH, résulte d’une baisse des recettes fiscales découlant de la faiblesse de l’activité économique, alors que les dépenses ont fortement progressé. La note sur la politique monétaire de la BRH fait état d’une baisse de 7,3% des recettes par rapport au 1er trimestre de l’exercice fiscal précèdent tandis que les dépenses ont progressé de 35,3% au cours de la même période. « Cette situation s’est traduite par un financement monétaire estimé à 6 028,58 MG au 31 décembre 2018 contre 5 946,34 MG au 1er trimestre de l’exercice fiscal précédent » relate la note. Ce qui a conduit la BRH a adopté « une politique monétaire ayant comme objectif d’atténuer les impacts de cet environnement adverse sur la monnaie nationale tout en veillant à la stabilité du système financier » conclu le rapport.

Placide Pierre Ricardo

Source : www.brh.net

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