Jovenel Moïse pour un dialogue sans tabou


Le président Jovenel Moïse au forum national sur le Pacte de gouvernabilité, le 22 janvier 2019.

Un consensus national vers un pacte de gouvernabilité à travers un processus  de  dialogue  », tel est le thème sur lequel a été lancé officiellement, au centre de convention de la Banque de la  République  d’Haïti  (BRH),  le forum national de dialogue le mardi 22 janvier 2019. Plusieurs organisations de la société civile et quelques organisations politiques ont répondu à l’appel. Dans son intervention, le président Jovenel Moïse, peu satisfait, plaide pour un dialogue sans tabou.

Tous les secteurs doivent être représentés […] Il y a des gens, je dirais importants, qui ne sont pas là […] Nous sommes dans un trou abyssal, nous devons être à même de nous regarder l’un l’autre dans les yeux […]». Tels ont été les points saillants du discours du président Jovenel Moïse lors du lancement du forum national. Des propos qui expriment son insatisfaction compte tenu de l’absence de certains partis et personnalités politiques. Aussi, le chef de l’État invite le chef de gouvernement, Jean Henry Céant, à tout mettre en œuvre pour amener tous les protagonistes autour de la table.

Jovenel Moïse a, toutefois, soutenu que le dialogue est un processus. Le forum constitue, selon lui, un pré-dialogue qui doit aboutir au lancement du dialogue national le 7 février 2019, laquelle date coïncide avec la deuxième année de son investiture au pouvoir. Jean Henry Céant, qui s’est vu confier la charge de mener à bien le dialogue, a du pain sur la planche. Il ne dispose, à compter de l’ouverture de ce forum, que de 16 jours pour convaincre les partis récalcitrants de la nécessité de prendre part au dialogue national susceptible, selon M. Moïse, de faciliter une entente nationale au profit des générations futures.

S’il est vrai que nombre de protagonistes de la crise politique actuelle ont brillé par leur absence au forum, le Premier ministre Jean Henry Céant affirme avoir rencontré tous les secteurs de la vie nationale. Notamment des partis politiques qui affichent une position radicale face au pouvoir. L’opposition, modérée et radicale, pose des préalables L’aile dure de l’opposition a catégoriquement boudé cette initiative. Absents eux-aussi, certains tenants de l’aile modérée de l’opposition posent des questions de principe et des préalables non exécutés pour justifier leurs positions. C’est le cas du parti Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP). Son secrétaire général (RDNP), Éric Jean Baptiste, dit conditionner la participation de son parti au dialogue à travers des signaux clairs. Il cite en exemple des mesures conservatoires qui devraient, selon lui, être prises, à l’encontre de toutes les personnes épinglées dans le cadre du dossier PetroCaribe.

Par ailleurs, Eric Jean Baptiste a fait savoir qu’il n’a pas été contacté officiellement. Intervenant dans la presse, il affirme avoir reçu du Premier ministre une visite de courtoisie à son domicile. Les questions relatives au dialogue n’auraient pas été abordées.

Le parti Fusion des sociaux-démocrates (Fusion), dit avoir boudé le forum pour n’avoir été contacté qu’en fin de parcours. En effet, dans une note rendue publique, portant la signature de sa présidente Edmonde Supplice Beauzile, la Fusion reproche à Jean Henry Céant d’avoir rédigé un pacte de gouvernabilité de manière unilatérale. La Fusion rappelle, à ce titre, que depuis des années, elle fait la promotion de l’idée d’un pacte de gouvernabilité pour sortir le pays du cycle de l’instabilité politique. Le Premier ministre serait en train de tenter de récupérer cette idée à son compte.

Pour Clarens Renois, qui a pris part au forum, la nécessité du dialogue doit dépasser l’orgueil et les limites imposées par les appartenances politiques. Il appelle à un dialogue vrai, ouvert et sincère, sinon, dit-il, « nous serons rattrapés par l’irrationnel de la violence ». Alors que l’ex- dirigeant de la Fusion des sociaux-démocrates, le professeur Victor Benoit, appelle à un dialogue qui pourrait s’étendre sur une décennie. L’opposition radicale n’entend faire aucune concession. Pitit Dessalines et le Secteur dit démocratique ne jurent que par la démission de l’équipe au pouvoir.

ALEXANDRE MICHEL

alexsandro5851@gmail.com

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