L’économie haïtienne devrait croître de plus de 2 % en 2019


Les objectifs de croissance de 3,9 % et de 2,4 %  fixés  par les autorités haïtiennes n’ont pas été atteints pour l’année fiscale 2017-2018. Troubles sociopolitiques et mauvaises performances du secteur agricole sont autant de facteurs ayant contribué à ces résultats. Toutefois, pour le prochain exercice  fiscal de nombreux organismes internationaux anticipent une croissance  de   plus   de 2 % du PIB moyennant une stabilité sociopolitique et la mise en œuvre de certaines réformes facilitant un meilleur climat des affaires.

S’il est vrai que les agents économiques        ont       pu bénéficier, pendant les neuf premiers mois de l’exercice, d’un climat plutôt favorable aux affaires, cela n’a pas été suffisant pour permettre à l’économie haïtienne d’atteindre les objectifs fixés par les autorités pour l’année 2018. Comme en témoignent les chiffres publiés par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) sur l’évolution du PIB à la fin de l’année de 2018, l’économie haïtienne n’a pas pu atteindre l’objectif de croissance de 3,9 % visé par les autorités, notamment dans la loi de finances de l’exercice fiscal 2017-2018.

Une performance atone obtenue dans un contexte macroéconomique difficile notamment avec la persistance d’une dynamique inflationniste (14,6 % contre 15,4 % pour l’exercice budgétaire 2017), l’accentuation du déficit public (de 6,5 % du PIB en 2018 contre 3,9 % en 2017), ainsi qu’une augmentation du déficit de la balance courante (de 3,5 % du  PIB  en 2018  contre 2 9 % en 2017), ajouté à une forte dépréciation de la gourde. Selon la toute dernière note sur l’évolution de l’inflation, publiée par la Banque de la République d’Haïti (BRH) en janvier 2018, le taux de change a augmenté de 3,30 % par rapport au mois d’octobre 2018 pour se situer à 73,46 gourdes en novembre 2018. Comparé à septembre 2018 au cours duquel cette moyenne s’était établie à 69,46 gourdes, il s’agissait d’une dépréciation de 5,76 % de la monnaie nationale par rapport à la devise américaine.

Somme toute certains organismes internationaux, dont la Commission Économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes(CEPAL), croit à un redressement de la situation pour 2019 notamment avec une projection d’un taux de croissance de 2,8 %. Il en est de même de la Banque mondiale prévoyant une croissance du  PIB  de  2,3  % ; 2,4  % et 2,5 %

respectivement pour 2019 ; 2020 et 2021 dans son édition de janvier 2019 des «Perspectives économiques mondiales». De son côté, l’IHSI table également sur une croissance de 2,8 % pour l’exercice fiscal 2018- 2019 en dépit de la fragilité de la situation sociopolitique. Cependant l’IHSI sollicite un effort de la part de tous les secteurs de la vie nationale afin de placer les intérêts supérieurs de la nation au-dessus de tout.

D’autre part, les prévisions de la CEPAL se basent sur une stabilité socioéconomique qui devrait faciliter une amélioration du climat des affaires conjuguée à la mise en place des programmes sociaux dans les zones défavorisées. Entre autres, une probable signature d’un contrat de facilitation de crédit avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour trois ans et la réactivation des dons bilatéraux et multilatéraux faciliteraient l’injection des ressources financières dans l’économie haïtienne. Cette prévision de la CEPAL anticipe aussi l’intensification des réformes durables dans la fourniture des services énergétiques et d’autres services de base, dans un contexte de demande extérieure stable (industrie manufacturière en particulier), une atténuation des tensions de la volatilité des changes, de la maîtrise de l’inflation et une réduction significative du déficit budgétaire.

PIERRE RICARDO PLACIDE
Source : www.ihsi.ht

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