Haïti/Manifestation: La société civile dit non à la corruption !


Plusieurs centaines de personnes ont répondu, ce mardi 5 décembre, à l’appel d’une marche pacifique contre la corruption, lancée par le collectif du 4 Décembre. Cette marche s’est déroulée sans incidents majeurs en dépit de certaines irrégularités observées sur le parcours.

Ils sont plusieurs centaines de socioprofessionnels, de politiciens de diverses tendances à prendre part, ce mardi 5 décembre, à cette marche contre la corruption initiée par le Collectif 4 décembre. Ce sont pour la plupart, des journalistes de renom, des étudiants, dont certains arborent le T-shirt de leur école professionnelle, des artistes engagés et autres citoyens issus de divers secteurs vitaux du pays qui y ont participé.

Il est 10h du matin, l’atmosphère est détendue. Le petit commerce reste ouvert.   Les riverains n’ont pas l’air effrayé : ils sourient, font signe de la main, en guise de soutien aux participants. Et la danse s’invite de la partie notamment au gré de l’animation d’une bande de rara rythmé de chansons improvisées des participants. Des unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH), dont des agents de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) et du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (CIMO escortent la manifestation.

Des participants arborent des t-shirts avec des messages comme « Oui à l’éducation, Oui à la Justice » ou encore d’autres s’identifient comme le « Collectif bare vòlè ». Des dizaines de pancartes portent des inscriptions appelant les autorités judiciaires à procéder à l’arrestation des personnalités politiques épinglées dans le rapport Petrocaribe. Outre le politique, aucun secteur ne semble être épargné par les slogans qui fusent de partout.

Petites irrégularités sans conséquences

À hauteur du Collège Canado-Haïtien, la manifestation s’est scindée en deux. Selon le parcours établi par les organisateurs, la manifestation devait bifurquée sur l’avenue Martin Luther King en direction de l’avenue John Brown, cependant un groupe de manifestants ont passé outre des consignes de la PNH en s dirigeant vers les locaux de la compagnie de téléphonie Digicel. Là, des propos indécents ont été lancés à l’endroit de la compagnie, qui a dû fermer ses portails à l’approche des manifestants. La police est intervenue à temps pour empêcher à ces manifestants de s’introduire dans les locaux de la dite compagnie cellulaire, objet de tant de plaintes des utilisateurs de téléphonie mobile.

La tension monte

Arrivée à l’avenue John Brown, la manifestation a pris la direction du Parlement, où les initiateurs avaient prévu de terminer la marche en délivrant un message. Au niveau du centre-ville, cependant, notamment au niveau du Bicentenaire, la PNH a dû faire usage de gaz lacrymogènes et de jets d’eau pour contrer des manifestants qui tentaient de renverser un cordon de sécurité établi qui les empêchaient d’atteindre  le Parlement.

Si Jean Robert Argant, coordonnateur du collectif du 4 Décembre et principal instigateur de la marche, estime normal que ce soit une délégation qui se rende au Parlement pour remettre le document des doléances de la société civile. En revanche, le sénateur de l’Ouest Antonio Chéramy, qui a rejoint la manifestation à la rue Pavé, tonne,  que c’est le peuple tout entier qui doit se rendre au Parlement. « Les corrupteurs et les corrompus ont intimé l’ordre à la police de disperser la manifestation », fulmine le sénateur Chéramy.

L’ancien député Arnel Bélizaire, qui participait aussi à la marche abonde dans le même sens. Il accuse la PNH d’avoir pris, elle-même, l’initiative de disperser la manifestation alors que, selon lui, le président de l’Assemblée nationale, Youri Latortue, aurait permis que la manifestation arrive devant les locaux du Parlement.

Mario Andrésol, ancien directeur général de la PNH estime, pour sa part, que cette initiative doit continuer. « La mobilisation doit continuer pour exiger des réponses. Ce ne sont pas les mobilisations violentes, faites de casse et de pillages, mais des mobilisations pacifiques. La corruption ne doit pas rester impunie », soutient l’ancien candidat à la présidence.

Alexandre Michel

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